• Christine BERODIER

Maux tabous. A écrire, absolument..

Dernière mise à jour : 26 sept. 2018





Dans nos sociétés dites "évoluées", de nombreux sujets restent néanmoins tabous et l'expression nécessaire, celle qui soulage, manque bien souvent cruellement et nous maintient enfermés dans des non-dits, qui en définitive nous font mal et nous étouffent.


Ce qui peut-être difficile et parfois impossible à dire verbalement est souvent plus facile à exprimer au travers d'écrits lâchés dans un flot libérateur et plus ou moins intime, qui nous promet enfin le soulagement tant espéré. Déposer le fardeau des émotions, des traumatismes et des peurs... De tout ce qui n'a pas réussi à s'auto-réguler naturellement.

Que ces mots soient enfermés parce que nous n'arrivons pas à les libérer ou parce que nous ne trouvons pas d'écoute compatissante et bienveillante (qui n'est pas la pitié) est une forme d'isolement qui touche plus de personnes qu'on ne l'imagine, tous âges, sexes et situations confondus. Nous méritons tous pourtant de pouvoir nous alléger enfin et d'être si nécessaire, accompagnés pour cela. Ce travail de "déchargement" d'un trop plein d'énergies stagnantes, quelquefois anciennes, est sans conteste l'un des chemins qui mène à cette fabuleuse résilience et en tout cas, à un soulagement que nous n'espérions plus.


Sans intervention de notre part, le mécanisme libératoire généré par l'habituelle durée de prescription dépassée (il n'y a pas de norme), peut ne pas pouvoir s'enclencher pour nos mémoires blessées.


Suicide, maladie, troubles mentaux, fin de vie, pauvreté, homosexualité, agression, harcèlement, viol...
Une liste toute aussi longue et diversifiée que nos propres singularités et histoires uniques et pourtant communes à bien d'autres, même si nous n'en sommes pas toujours conscients.
La souffrance isole et renferme.

Dans nos sociétés pressées aux envies vite satisfaites et interchangeables qui aiment croire et s'ingénient à entretenir le culte d'une jeunesse et d'une santé éternelles, se détourner de celui qui n'est pas ou plus, est un acte devenu banal. Un déni qui se fait au détriment des passages et des rites, au détriment même de la moindre des bienveillances et des accompagnements que nous devrions tous être en mesure d’espérer pour nous-même, mais aussi pour les autres.


Les temps sont à la maltraitance globalisée et à la non-assistance de tous ceux qui ont besoin de quelqu'un, qui les entende enfin.


Prendre le temps d'écouter et d'accompagner en s'accordant aux pas de ceux qui ont besoin de dire et d'exprimer, est plus à considérer comme un acte salvateur à réinstaurer pour le bien commun à tous, que comme une obligation ou une contrainte.

Le grand challenge de notre civilisation sera de réensemencer des attitudes, des sas et des rites qui permettront à chacun d'entre nous de traverser au mieux, ces zones de turbulences plus ou moins accentuées que la vie nous réserve. En parallèle de toutes ces avancées technologiques et numériques qui constituent un pan de notre évolution nécessaire, qui ne doit néanmoins pas se faire au détriment de ce que nous devons à tous ceux qui arrivent, du plus petit ; au plus ancien qui s'en va, et de tous ceux encore, qui se trouvent à l'un des carrefours du chemin.


https://education.francetv.fr/matiere/actualite/premiere/video/le-suicide-2eme-cause-de-mortalite-chez-les-jeunes

Source : http://www.psychologies.com/Moi/Epreuves/Deuil/Articles-et-Dossiers/Pourquoi-est-il-si-difficile-de-parler-de-la-mort

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