• Christine BERODIER

Peur : "En-Quête"de mots.

Dernière mise à jour : 26 sept. 2018






Il est des émotions qui s'installent parfois au quotidien et peuvent être difficiles à déloger. Utiles à certains moments mais véritables bourreaux intimes à d'autres. Elles deviennent alors un symptôme et les mots deviennent nécessaires pour mettre en lumière ce qui nous est ainsi signalé.


La peur. Il en est de différentes sortes. Dans les situations d'urgence vitale, elle nous permet de mobiliser une énergie phénoménale capable de nous extraire du danger.

Mais nous parlerons de cette autre facette de la peur, celle qui nous ligote et nous assiège pour nous "prendre aux tripes" au quotidien. Identifier la cause ou la considérer enfin, permet de l'apaiser, de l'accompagner. Véritable face-à-face avec nous-mêmes, écrire pour la mettre en forme, permet un travail d'introspection à la mesure de chacun dans toute la gamme des subtilités, sans aucune limite de temps.


La peur est normale dans les moments de transition. Le passage du connu à l'inconnu, nous fait traverser un sas où nos repères s'effritent pour disparaître.
Nous réapproprier de nouvelles notions, un autre environnement et côtoyer des personnes jusqu'alors inconnues, intégrer un rythme différent,.. Nous demandent une adaptation pas si simple que cela.

Les phrases de réconfort du type "ça va s'arranger", "ne t'inquiète pas", ou le fameux "courage !" bien qu'utiles et incontournables à certains moments, ne peuvent pas toujours être dites ou ne sont pas toujours adaptées. Certaines situation ne pourront pas s'améliorer, parce qu'il n'y a peut-être pas de solution, parce que nous pouvons nous trouver face à l'un de ces grands passages qui ne pourra pas être évité.


Libérer les mots devient alors vital.


Lorsque nous nous trouvons au devant d'une grande transformation de nos existences, face à une fin peut-être aussi, nous préparer est nécessaire pour reprendre le contrôle de nos émotions et ne plus les subir. Accueillir pour accepter, est une étape essentielle si ce n'est une phase ultime.

Lorsque l'amour s'en est mêlé, la parole peut être bloquée ou difficile pour aborder avec nos proches des événements et des moments douloureux. Nous ne sommes jamais vraiment préparés à cela. Comment alors aborder ce qui nous fait si mal et si peur à la fois ?


Si nous ne pouvons échapper à certaines phases cruciales de nos vies, des appuis, des alliés pour éveiller et conforter nos forces intérieures peuvent être mobilisés. En ces temps où la spiritualité fait défaut, où les rituels de passage se sont perdus, se réapproprier des voix et des images intérieures qui nous élèvent, sont aussi vitales qu'elles se font rares. Permettons nous d'entamer la quête de ce qui nous apaise et nous soulage, tout en évitant le déni qui nous enfonce plus loin encore, dans les profondeurs de nos peurs mais aussi du silence.


Nous réconcilier avec nous-mêmes comme avec les autres, peut nous permettre de libérer des entraves dont nous ne sommes pas toujours conscients. Nous écrire tout comme leur écrire à "ces autres" aussi, sans nécessité absolue d'envoyer ces lettres, est un dépôt qui nous permettra d'entrer en paix avec un passé, une traversée d'existence qui a pu être parfois, dense et compliquée ou dramatiquement vide.


Mettre en mots. Prendre une feuille et un crayon pour revenir à la mécanique du tracé, à l'expression inscrite tirée du fil de nos flux intérieurs blessés ou apeurés.

"Je me permets d'inscrire à l'encre de la couleur qui me sied, ce qui me hante et me fait mal".

"J'ai peur"... Une porte peut dés lors s'ouvrir pour libérer ce qui doit l'être, pour accompagner cette destinée qui s'écrit encore et ne peut être délaissée dans ses transitions et encore moins, dans les phases irrémédiables des grandes transformations et des passages.


Prendre le temps de partir..
Un rendez-vous sacré avec nous-mêmes.

Si nos peurs peuvent nous faire croire que nous sommes seuls, nos mots écrits nous indiquent qu'il n'en n'est rien. Il ne tient qu'à nous de nous faire une promesse, celle de nous accompagner de ces "Maux z'écris" qui ont bien plus de pouvoir que tous les silences et les non-dits.





Image : Pixabay - Kellepics


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