• Christine BERODIER

Femme Solaire des millions de soleils.

Conte pour l'Innocence et pour la Magie.

Les contes d'éveil nous apportent des clefs de réenchantement..


Il était une fois,

Dans des temps tristes et gris, un grand cercle des plus grands sages de tous les univers qui se réunirent en urgence.

Tous s’inquiétaient pour l’une de leur enfant, une planète qui fût créée merveilleuse il y avait de cela bien des lunes, mais qui était aujourd’hui au plus mal…


Ils étaient à son chevet.


Elle était née pourtant des rêves des soleils et des lunes d’une multitude de galaxies et des étoiles l’avaient parsemée de graines d’ors tandis que les flux galactiques l’avaient auréolée de brumes fécondantes… Sous de si merveilleux augures, bien des destinées fabuleuses furent imaginées pour elle, bien des désirs de grandes évolutions aussi..


Elle était une « Terre Indigo », de celles qui portent la Vie. Mais voilà, rien ne se passa comme prévu.

Dans ces espaces fabuleux il était une loi incontournable : Pour toute merveille existait forcément son revers. Son ombre … Et il en fut ainsi et de tout temps. Mais celle-ci, issue de nébuleuses sombres se traduisit très vite, bien trop vite, par des éclats violents de météores … L’équilibre premier chamboulé dût être revu autrement… Puis les espèces censées cohabiter n’y parvinrent pas et l’on cru la solution trouvée au travers de deux espèces bipèdes émergentes, censées créer une équité ; Mais l’une d’elle d’emblée ne put survivre.


Il en restait donc une qui se baptisa elle-même « humanité »… Et l’on mit beaucoup d’espérance sur elle. De nombreux peuples des règnes végétaux, animaux ainsi que minéraux virent le jour pour aider et appuyer ces êtres imaginés parfaits. Ils étaient les auxiliaires pour permettre la Vie dans toute sa splendeur mais aussi, pour ensemencer l’éveil sans lequel même le plus fabuleux des soleils reste terne. Il n’était pas prévu que ces collaborations presque parfaites du début soient un jour déviées et se transforment en esclavages terribles et interminables pour ces jeunes peuples si précieux venus en renfort…

Mais la part d’ombre fut sous-estimée et les conséquences de cette erreur furent désastreuses.

En ce jour donc, de réunion si essentielle pour l’avenir de cette merveilleuse Terre, les plus grandes âmes alliées aux plus grands cœurs de tous les peuples des confins des univers étaient rassemblés. Ils étaient les mémoires de multitudes d’Êtres et d’histoires de Terres nées de l’union sacrée d’autres lunes et d’autres soleils… Même si la notion de temps n’existait pas pour eux, puisqu’il n’y avait ni de début, ni de fin aux choses et aux événements, seulement des naissances dans les boucles de saisons dites de cristal (ou d’émeraude, ou d’autres noms encore liés aux couleurs et aux qualités des rêves, des pensées selon les temps traversés) qui se croisaient ou se recroisaient sans que jamais la mort n’ait plus de prise.


Tout n'était plus que transformations..


Des transformations s’effectuaient oui car elles ponctuaient des évolutions, mais la disparition jusqu’à présent n’existait pas. Là était bien le grand drame. Une planète entière et toutes ses existences, ses éléments étaient menacée d’extinction, rien ne semblait pouvoir évoluer vers une rédemption ni même une possible renaissance.


Sur cette Belle Indigo en question, celle en si grand danger, toute forme de vie était systématiquement détruite. Chaque émergence était souillée, spoliée, pillée. Comment me demanderez-vous ? Par les choix de quelques-uns de ces fameux bipèdes survivants qui décidèrent, car cela se décide oui .. D’entretenir et de faire grandir leur part d’ombre au détriment de leur part de Lumière.


Chacun savait très bien que les parts de Lumière fécondaient la vie, la multitude équilibrée.

Alors que la part d’ombre elle, portait de ce fait les contraires : la stérilité, la sécheresse, le déséquilibre par la domination. Ces formes de non-vie étaient le choix possible, la vision d’une sorte d’avenir terrible qui à elle seule avait garantie jusqu’à présent les destinées des planètes. Mais au royaume des étoiles, autre chose était né. Le néant lui, n’avait que faire de la vie, de la lumière et de l’évolution des êtres vers l’harmonie. Il aimait la nuit et le vide qui suit les grands cris, le froid glacé et sa dureté qui fige et il voulait surtout qu’après cela, rien ne puisse plus évoluer et certainement pas pour revenir vers un état plus doux et harmonieux qu’il abhorrait tant.


Le silence régnait autour de la table où chacun avait pris place, le regard soucieux habituellement si clair, n’irradiait pas comme à l’accoutumée cette douce chaleur, qui semblait toujours auréoler chacun des participants..


Le constat et l’état des lieux de la situation venaient d’être faits et chacun semblait figé dans l’effroi qui saisit ceux qui apprennent qu’une catastrophe terrible vient de se produire. Il faut dire qu’il était difficile d’imaginer pire : Les eaux, les terres, l’air même, souillés. les nombreux peuples verts et ceux des rochers, tous les animaux de chaque élément ! Tous les survivants déjà exsangues. Le plus effroyable était sans doute le nombre de disparitions qui se comptaient par espèces entières. L’accélération du processus s’amplifiait terriblement en une cascade d’effondrements en chaîne, ce qui ne laissait que bien peu de temps pour trouver une solution, pour qu’un grand sauvetage soit mis en place.


L’un des grand Sages se leva enfin et prit la parole, tous levèrent la tête et le fixèrent. Il était le Patriarche, celui qui avait pour tâche de stocker les souvenirs, les mémoires des mondes de celles et de ceux qui les avaient habités. Aussi loin que chaque Aîné des peuples présents pouvaient se souvenir, c’était lui déjà, bien avant leurs propres rôles d’anciens, qui se chargeait des annales des mondes. Il avait acquis au fil de tant et tant de souvenirs, d’histoires des multitudes de civilisations si précieusement consignées dans les « cristaux des chroniques», un non-jugement et une sérénité profonde alliés à une bienveillance que rien jamais, ne venait ternir…


Il était « Celui qui sait ».

« J’ai étudié les mémoires de cette Terre et l’histoire des peuples qui l’ont habitée dit-il de cette voix qu’il n’était plus nécessaire de moduler car elle résonnait dans l’esprit de chacun. Les responsables de ce qui se passe forment un groupe hostile qui n’a pas su, malgré les merveilles de son environnement qui lui furent confiées, s’éveiller en nombre suffisant à la bienveillance et à la fraternité qui créent les grands mondes. Ce groupuscule est devenu au fil des siècles, toxique à sa Terre et se comporte désormais comme le ferait un parasite qui agresse son hôte. Il est fait état d’autres règnes qui ne veulent plus cohabiter avec lui. L’accent est d’ailleurs mis sur sa capacité de destruction qui ne semble pas le déranger et il est fait mention du fait que ces humains se considèrent comme l’espèce la plus importante et la plus intelligente de sa planète sans se rendre compte apparemment qu’elle n’en est encore qu’au stade de l’apprentissage primaire.


Elle est surnommée « le peuple vénéneux », ce qui vous permet d’imaginer le genre d’impact qu’elle peut avoir sur son environnement et sur ceux qui la côtoient. Je tiens à signaler aussi que les rapporteurs de ces faits sont les représentants des plus anciens des peuples de cette planète, réputés pour leur grande sagesse et leur grande patience. Ils sont les « grandes Âmes » de leurs communautés ce qui, sur une terre si loin de nos énergies pacificatrices est peu dire.»


Ce discours fut accueilli avec grand chagrin. Des êtres envoyés sur des planètes lointaines pour veiller ou évoluer, il y en avait toujours eu. C’était le meilleur moyen pour les âmes toutes jeunes de grandir et pour les autres de se transformer en expérimentant d’autres environnements encore purs dans leur « nature» ; les mondes matures et déjà pacifiés n’apportant plus les forces contraires susceptibles de créer des attitudes nouvelles. La paix si grande de leurs sociétés endormait les réflexes évolutifs et ne leur permettait plus de se dépasser autant qu’il leur était encore possible dans les mondes où tout était encore à faire.


Comment découvrir ce qu’un être est capable de créer pour survivre s’il n’est pas dans la situation propice à cette émergence ?...


Et puis, même si évidemment tous ne se découvrent pas toujours de grands héros dans ces vies d’expérimentations qui peuvent être douloureuses, bien des étoiles sont nées depuis les derniers souvenirs d’êtres à grand potentiel destructeur. Tous se réjouissaient d’ailleurs que ces temps obscurs dont il était fait mention rarement mais quelquefois, dans les bulles de mémoires temporelles que les vents solaires leur apportaient, n’existent plus. Certains récits faisaient vraiment froids dans le dos ! Et voilà que l’on parlait aujourd’hui du retour de ces réminiscences terribles…. C’était une bien triste nouvelle!


Des cercles entre les peuples sages furent décidés afin qu’une solution émerge pour extraire la terre de ses cycles de souffrance. Les délibérations durèrent longtemps, si longtemps que plusieurs lunes déclinèrent leurs cycles immuables au cœur du firmament..


Puis vint le temps où le cercle des sages fut reformé à la période de l’astre plein qui se nommait fort à propos, « la Lune bleue des Éveils »..

Le Patriarche se leva enfin il avait entendu chacun et chaque proposition fut étudiée et souvent rejetée, sauf une, extraite d’une des chroniques de l’éveil des mondes. Ainsi fut décidé :


« Nous savons que sur cette Terre martyre Celles que l’on nomme les Femmes furent éteintes durant des siècles tant leur Lumière guérissait le monde tout autour d’Elles, par ceux là même qui ne pensaient qu’à le détruire. Nous savons que ces « Porteuses de Lumière » ont toujours malgré les maltraitances subies, cette capacité de guérison dans leurs hérédités stellaires mais aussi dans la mémoire de leur chair. Nous avons donc décidé de toutes les éveiller, de réactiver en Elles le pouvoir illimité de la Vie, car Elles seules ont le pouvoir de transformer leur monde, de le faire basculer de l’ombre vers la Lumière ».


Et il fut ainsi fait. La grande bascule terrestre débuta un beau matin quand toutes se réveillèrent « Guerrières de Lumière » et elles n’eurent pas besoin d’armes pour abattre la violence qui n’en finissait pas de détruire.


Elles se levèrent d’un même élan et se mirent en chemin. Une force inconnue jusqu’alors sembla les imprégner et irradier tout autour d’Elles. Chaque route, chaque chemin se transformait en vecteur d’une migration extraordinaire qui formait une multitude de rayons constitués de chaînes féminines qui n’en finissaient pas de se retrouver, de se regrouper, s’alimentant sans cesse les unes, les autres ; les unes au travers des autres, en flots ininterrompus qui s'étiraient loin aux lisières de l'horizon.


Tous les fonctionnements du vieux monde qui désormais agonisait, furent paralysés, stoppés net dans le rythme fou qui enserrait la Terre en une boulimie mortifère "d’hyper-extraction-consommation" depuis des décennies. Les bureaux, les usines, les maisons, les écoles, les magasins, les hôpitaux même, tous les lieux se trouvèrent vidés du Peuple des Femmes dites solaires, qui se mirent en mouvement.


Le monde s’arrêta enfin dans un grand soupir qui saisit chacun en plein cœur.

L’incompréhension, la colère puis la peur empoignèrent tous ceux qui jusqu’alors entretenaient et organisaient la prédation du monde. Un Vent étrange et lourd soufflait désormais au travers des terres et des villes, suffoquant tous ceux qui tentaient encore de s’activer à leurs anciennes occupations. Balayés, soulevés parfois même, il fallut bien que ceux qui agressèrent et violèrent si longtemps l’essence même de la vie se courbent et se couchent enfin sur le flanc, tant les assauts d’éléments conjugués et alliés au flux des Femmes les maîtrisèrent enfin.


Ils eurent beau se cacher, s’enfermer dans tout ce qui leur semblait pourtant étanche et inviolable, mais nul n’arrête ce type de vent qui souffle les grandes transformations.


Les Femmes elles, continuèrent longtemps à se rassembler et jamais l’on ne vit autant d’énergies guérisseuses libérées dans un même temps et de façon si puissante. Elles irradiaient dans les Terres, les Mers et les Rivières. L’élèment Air était saturé de ce qui semblait miroiter aux lueurs d’un soleil devenu bleuté et d’une Lune qui étrangement l’accompagnait en des jours qui n’en finissaient plus, le concept même de nuit semblant avoir disparu.


Toutes les Espèces animales avaient suivi et s’étaient approchées dés le début de cette guérison collective et l’on voyait pour la première fois, une formidable solidarité inter-Espèces qui unissait en paix chacune et chacun dans la richesse de leur différence. Mais les Femmes n’étaient pas seules. Les enfants dans leur innocence et des hommes aussi porteurs de lumière, avaient mélés leur pas aux leurs et tissaient comme un cordon qui unissaient les groupes les uns avec les autres. La faim, la soif ne gênaient aucun de ceux-là tant les énergies alimentaient dans le même temps qu’elles soignaient et le sommeil ne préoccupait plus personne, chacun se rechargeant aux flux nourriciers.


C’étaient les espèces même qui était transformées et métamorphosées dans le grand principe alchimique.

Il fallut du temps, beaucoup de temps pour soigner et réparer ce qui devait l’être. Des siècles de destructions avaient souillé du plus profond des abysses jusqu’au plus haut des sommets. Mais les forces unies se démultipliaient et ne cessaient de prendre plus d’ampleur encore au gré des guérisons spectaculaires et bouleversantes, véritables transformations de tout ce qui était jusqu’alors limité et amoindri par la maltraitance et la destruction.


La Terre irradiait désormais. Elle était devenue un lieu où s’enseignait la guérison des Êtres et des lieux, la tolérance. On y apprenait comment elle avait manqué succomber sous les assauts d’une ombre repartie aux confins des galaxies, à cette place qui permet aux flux de Lumière de s’exprimer au mieux et en un juste équilibre.


La Femme Solaire au service de la Vie était devenue la Femme Solaire des millions de soleils.

Les Femmes Solaires une fois encore avaient exprimé l’essence même de Celles qui donnent la Vie : Aimer et guérir tout ce qui est, tout ce qui vit du plus infme au plus grand, redonnant à nouveau un sens aux rythmes fabuleux des Mondes.



Image : F_A - Pixabay





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